Dimanche 11 mai 2008

    C’est avec beaucoup d’émotion que j’ai assisté à cette première commémoration de la libération de notre pays, ce 8 mai dernier, en tant que Parlementaire. C’était la dernière grande commémoration que je n’avais pas encore effectuée depuis le 16 juin !

 

    Je souhaiterai assister aux cérémonies se déroulant sur l’ensemble du territoire de ma circonscription mais comme elles se déroulent en général en même temps, cette année je me suis rendue à celle organisée par la commune de Frouard.

 

    Et je tiens à féliciter les organisateurs ainsi que tous ceux qui ont participé à cette commémoration où toutes les générations étaient présentes. Les anciens dont la majeur partie a connu la guerre en tant que civil ou militaire, les plus jeunes (enfants d’anciens combattants pour certains) et enfin les très jeunes qui ne connaissent de la guerre que ce qu’ils ont pu lire ou entendre, le plus souvent, dans les classes d’écoles, lieux de perpétuation de notre mémoire. Il est important que les nouvelles générations se rendent compte à quel point cette guerre et cette haine, qui peut paraître abstraite, à fait des ravages dans nos communes et qu’elle à touché tellement de familles.

 

    Il est essentiel, comme ce fut mon cas à leur âge, de ne pas oublier que cette guerre s’est déroulée sur notre territoire à une époque relativement récente où l’on ne parlait pas d’ouverture des frontières, de programme Erasmus ou de défense commune comme au Kosovo.

 

    Le rappel des valeurs, piliers de base de notre République, n’est pas seulement lié au devoir de mémoire. La démocratie est quelque chose de fragile, dans de nombreux pays elle bascule encore vers des régimes totalitaires, ou pire elle ne s’est jamais imposée depuis la seconde guerre mondiale. La lutte contre le racisme, l’antisémitisme, la peur de l’autre, sont des combats toujours d’actualité malgré le conflit 39-45. Il est donc fondamental que toutes ces cérémonies organisées partout en France soient le relais du « plus jamais ça » non seulement en Europe mais partout dans le monde. Oublier notre passé, le relativiser, ce serait salir la mémoire de toutes celles et ceux, français de métropole, des colonies, étrangers, qui sont morts pour la France en tant que soldats ou résistants ; qui ont protégé les "proies" du régime nazi, ces hommes, femmes et enfants morts pour l’appartenance à une race, religion, communauté différente.

 

    La guerre c’est aussi cette capacité qu’a malheureusement l’être Humain à être parfois intolérant vis à vis de ses semblables, à entretenir ou développer des comportements et propos individuels racistes (il suffit de regarder ce qui se passe dans les stades). La préservation de la paix commence par la lutte contre de tels comportements, par le fait qu’il ne faut jamais relativiser des propos injurieux et avoir toujours à l’esprit que c’est la haine de l’autre qui conduit à de tels génocides. Tout génocide quel qu’il soit commence par des mots, des actes qui paraissent anodins. Ce constat est malheureusement universel, cela a commencé au cœur de la "vieille Europe", dans des Nations dites civilisées et s’est reproduit plus tard en Yougoslavie, pays ayant directement subit les conséquences de la seconde Guerre Mondiale, sur le territoire Africain, Asiatique, au Moyen Orient, en Amérique du Sud et tant d’autres États…

 

    Il est donc important de commémorer le 8 mai 1945 avec conviction simplicité, humanisme et souci de se garder de telles atrocités. Je sais que toutes les personnes présentes tant à Frouard le matin qu’à Nancy l’après-midi s’engagent à ne jamais oublier ce qui n’est pas un simple épisode de l’histoire. N’oublions pas qu’aujourd’hui encore des pays sont en guerre, que des ethnies s’affrontent, que la religion et la peur de l’autre mélangées à l’intolérance existe encore. C’est un peu enfoncer une porte ouverte que de dire que vivre en paix est une chance mais sachons le garder en mémoire et faire partager ces valeurs au plus grand nombre, en France, dans chaque quartier, en Europe et par la voie de notre diplomatie, le plus possible dans chaque pays du monde.

par Valérie ROSSO-DEBORD publié dans : Humeurs
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Vendredi 2 mai 2008

    Lors de la séance des questions aux gouvernements du mardi matin, j'ai souhaité interroger le Gouvernement sur une préoccupation qui m'a été exposée à plusieurs reprises lors des rendez-vous que je tiens à ma permanence ou dans le cadre des permanences décentralisés : l'affiliation des retraités aux complémentaires santé. Je suis satisfaite de voir que le Gouvernement souhaite renforcer l'aide en faveur de nos aînés pour assurer que chacun soit efficacement protégé et bénéficie du progrès technique de notre système de santé.

    M. le président. La parole est à Mme Valérie Rosso-Debord, pour exposer sa question, n° 214, relative au régime fiscal des cotisations d'assurance complémentaire pour les retraités.

 

      Mme Valérie Rosso-Debord. Madame la secrétaire d’État chargée de la famille, nous pouvons nous réjouir de la qualité de notre système se soins qui permet à nos compatriotes de vivre mieux et plus longtemps. Ce système a un coût certain, mais notre effort commun de maîtrise des dépenses de santé par la sécurité sociale ne s’est jamais fait au détriment de la qualité de cette offre.

    Aujourd’hui, il me semblerait opportun de franchir une nouvelle étape. Je souhaiterais savoir si vous envisagez la possibilité de déduire du revenu imposable les cotisations à un régime complémentaire de santé pour les personnes âgées retraitées, et ce même si elles sont versées dans le cadre d’un contrat d’assurance. Ainsi, nous pourrions nous assurer d’un égal accès de tous nos aînés aux progrès techniques et à la qualité de vie par le soin.

    D’ores et déjà, les personnes de plus de 60 ans dont le plafond annuel de ressources n’excède pas 662,54 euros par mois perçoivent une aide au paiement des cotisations de 400 euros par an, afin de favoriser l’acquisition d’un contrat d’assurance complémentaire. De même, les attributaires de la couverture maladie universelle peuvent bénéficier d’une protection complémentaire. Pour de nombreuses autres personnes dont les revenus demeurent modestes, ces cotisations représentent un effort important mais indispensable à la prévention.

    Madame la secrétaire d’État, une prise en charge améliorée évite, vous le savez, le développement de pathologies graves à la prise en charge coûteuse. Aussi, le Gouvernement envisage-t-il de mettre en place, pour les retraités souscrivant un contrat à régime complémentaire de santé, l’instauration d’une déduction fiscale sous conditions de ressources et, pour les personnes non imposables, un système de crédit d’impôt ?


    M. le président.
La parole est à Mme Nadine Morano, secrétaire d’État chargée de la famille.
 

      Mme Nadine Morano, secrétaire d’État chargée de la famille. Madame la députée, je vous prie tout d’abord de bien vouloir excuser l’absence de Xavier Bertrand, retenu par d’autres engagements.

    Vous avez raison : l'accès à une couverture maladie complémentaire constitue un facteur décisif pour l'accès aux soins.

    L'intervention des organismes complémentaires, ajoutée à celle des régimes de base, permet en effet à nos concitoyens de bénéficier d'un niveau de remboursement de leurs dépenses de santé de 91 %, soit l’un des plus élevés du monde. Vous avez eu raison d’ailleurs de rappeler la qualité du système de soins français.

    Actuellement, 92 % de la population bénéficie d'une couverture complémentaire santé, ce qui est considérable. L'amélioration de ce taux d'accès à une complémentaire santé, notamment pour les ménages les plus modestes, constitue une priorité de ce gouvernement et l’une de vos préoccupations.

    Deux mécanismes ont été instaurés pour augmenter significativement le taux de couverture complémentaire : d’une part, la mise en place de la couverture maladie universelle complémentaire ; d’autre part, l'aide à l'acquisition d'une complémentaire santé.

    Dernier mécanisme permet d'attribuer aux foyers dont le niveau de ressources est compris entre le plafond de la CMUC et ce plafond majoré de 20 % un chèque santé permettant en moyenne de couvrir la moitié du prix d'une assurance complémentaire.

    Le montant de cette aide varie en fonction de l'âge du bénéficiaire, dans la mesure où les personnes âgées se voient demander des prix relativement plus élevés pour acquérir une complémentaire santé.

    En outre, le montant de l'aide a été revalorisé de manière significative en 2006. Il est désormais de 100 euros pour les moins de 25 ans, de 200 euros pour les 25-59 ans et de 400 euros pour les plus de 60 ans.

    Malgré cet effort significatif de revalorisation, qui représente ainsi une augmentation de 60 % pour la tranche d'âge des plus de 60 ans, plusieurs études suggèrent que le coût restant à la charge des bénéficiaires, notamment les plus âgés, reste encore trop important.

    Face à ce constat, Roselyne Bachelot-Narquin va poursuivre les efforts engagés pour simplifier l'accès à une complémentaire santé, notamment avec le chèque santé. Cette question est au cœur de ses préoccupations et de celles du Gouvernement.

par Valérie ROSSO-DEBORD publié dans : Politique
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Dimanche 27 avril 2008

 

    Aujourd'hui, sous un soleil radieux, j'ai activement participé, en deux temps, à la commémoration de la journée du souvenir des déportés célébrée dans la semaine qui suit le décès de Germaine TILLION, figure marquante de cette résistance héroïque.

    Ce matin, cérémonie avec les portes drapeaux et les autorités au monument des fusillés de la Malpierre à Champigneulles, puis au monument de la résistance à Laxou et enfin à l'assemblée générale de l'association des médaillés militaires.

    Cet après-midi, j'étais très heureuse de participer à l'hôtel de ville à la remise des prix du concours de la résistance en présence de nombreux collégiens et lycéens honorés, de leurs professeurs et de leurs parents. Heureuse de l'investissement de résistants comme Me BLEUZET-JULBIN, du Souvenir Français dirigé par Jean LARGUEZE et de la motivation des élèves à travailler collectivement ou individuellement sur les valeurs du courage, du refus de l'inacceptable, de la solidarité ou de l'abnégation.

    Malheureusement, quelques actes, espérons isolés, continuent de troubler notre mémoire dans des cimetières ou sur des stèles... Triste lâcheté, heureusement contrebalancé par l'élan que j'ai vu aujourd'hui auprès de jeunes fiers d'honorer celles et ceux qui ont tout donné pour la patrie et pour l'honneur de la France.

    Enfin, après une semaine d'interruption des travaux de l'Assemblée Nationale, j'y retourne dès mardi pour poser une question orale, le matin, à Roselyne BACHELOT. J'espère que la feuille de route donnée cette semaine nous permettra de reprendre un travail serein et efficace.

par Valérie ROSSO-DEBORD publié dans : Nancy
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Vendredi 25 avril 2008

 

    Régulièrement, les médias nous disent : les Français souhaitent de la lisibilité dans l'action du gouvernement et ils ont raison !

    C'est vrai qu'il y a eu ces derniers temps quelques annonces un peu intempestive qui ne peuvent que nuire au travail engagé tant par les ministres que par les parlementaires. Le mandat de réforme que nous avons reçu doit continuer à guider notre action qui doit toujours et inlassablement être un sujet d'échange avec les Français.

    Ainsi, il en va de la réorganisation des administrations sur notre territoire. Après la police ou la justice, le ministre de la défense a lancé devant l'Assemblée nationale la semaine passée, celle de l'armée. Tirant leçon des critiques qui avaient été émises lors des précédents redéploiements, Hervé MORIN a donné le coup d'envoi d'une réflexion qui ira jusqu'à l'automne et le vote d'une nouvelle loi de programmation militaire.

    Tout d'abord, cette volonté d'adapter le service public aux besoins de notre pays s'appuie sur un "Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale", commandé en juillet 2007 par le président de la République et présidé par Jean Claude MALLET qui, entre autre, à travaillé au cabinet du ministre Pierre JOXE. Plusieurs constats sont tirés et tout d'abord qu'il faut poursuivre l'évolution de notre stratégie de défense avec
la professionnalisation des armées. Pour cela, il faut amplifier l'adaptation de nos forces. Notre modèle actuel est obsolète et nous ne pouvons pas le tenir en termes d’organisation et en terme financier. Ainsi, notre objectif doit être la projection de 30 000 hommes en 6 mois et cette réactivité implique de revoir notre organisation.

    De plus et comme pour toute autre administration, un effort financier est nécessaire : le rapport préconise une mutualisation et une densification des unités ainsi qu'un effort de programmation important dans les années à venir car beaucoup de nos programmes arrivent à leurs termes.

    C'est bien sur la base de ces propositions que le débat parlementaire sur le Livre blanc s'ouvre et comme le ministre nous l'a indiqué, il faut anticiper les conséquences des fermetures, restructurations ou déplacements, dans la transparence. Ainsi, il nous a assuré que la réflexion menée allait de pair avec des mesures d’accompagnement sociales et économiques ce qui est normal pour ne pas pénaliser injustement les teritoires.

    Jusque fin juin et les prises de décisions de "la stratégie globale de défense et de sécurité pour le pays (horizon 2025)" qui seront traduites dans la loi de programmation militaire nous devons travailler avec tous les acteurs de ce dossier pour mener une réforme essentielle dans l’intérêt du pays et de l’amélioration de notre outil de défense. Car il nous faut prendre en compte les nouvelles menaces et les nouveaux enjeux d’un monde multipolaire, « sans guerre » directe sur le territoire national (terrorisme, prise d’otage, lutte bactériologique et chimique, opérations extérieures dans le cadre de conventions de défense ou de l’ONU, projection des troupes, professionnalisation achevée, valorisation du renseignement et de l’anticipation, construction de l’Europe de la Défense…).

    Ce débat, je le souhaite, devra aussi nous permettre de nous prononcer sur la « réalité budgétaire » que prendra cette réforme et je sais que je serai attentive
sur l'équilibre des territoires, notamment par une prévention du tropisme du sud, et sur l'équilibre des sites en grandes villes et villes moyennes ou petites.

    Enfin, c'est à partir de juillet 2009 que les premières mesures seront mises en oeuvre avec possibilité d'un étalage sur plusieurs années.

    Au final, ce sera une nouvelle réforme structurelle dont nous avons besoin et qui nous permettra de dégager des marges budgétaires sur l'investissement et l'innovation, questions essentielles dans la compétition mondiale !

par Valérie ROSSO-DEBORD publié dans : Politique
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Mercredi 16 avril 2008

    La proposition de loi visant à lutter contre les incitations à la recherche d’une maigreur extrême ou à l’anorexie a été adoptée hier en première lecture à l’Assemblée nationale.

  
    Je suis intervenue à la tribune de l’Assemblée pour soutenir ce texte qui tout en apportant des solutions pénales à l’apologie de l’anorexie ouvre un débat qui, je l’espère, permettra une prise de conscience. Car au déni qui caractérise si profondément cette affection, à la souffrance et à l'isolement des malades, au sentiment d'impuissance qui envahit souvent leurs proches, il est temps, en effet, d'opposer un signe fort marquant la prise de conscience et la mobilisation des pouvoirs publics contre ce fléau.

   L'extrême minceur et l’anorexie ne sont pas seulement un grand enjeu de santé publique, elles constituent aussi, comme l’a fort justement soulignée ma collègue Valérie BOYER à l’initiative de cette proposition de loi, « le symptôme d'une sorte de malaise dans la civilisation, sur lequel les médecins mais aussi les philosophes, les sociologues et les psychologues auraient beaucoup à dire et beaucoup à nous apprendre ».

    Cependant, il ne s'agit en aucun cas de stigmatiser des malades ou encore de faire croire qu’à lui seul, un texte de loi pourrait répondre à l'ensemble des questions soulevées par cette maladie, notamment celles relatives à sa prise en charge, qui relève bien évidemment, en premier lieu, des professionnels de santé.

    S'il propose de créer une nouvelle incrimination pénale, ce texte n'a pas simplement une vocation répressive, il a aussi une vocation dissuasive. Il s’inscrit par ailleurs dans la continuité d'une politique globale, équilibrée et particulièrement volontariste destinée à mieux protéger la santé des jeunes, s'agissant tout particulièrement des troubles du comportement alimentaire tels que l'anorexie ou l'obésité.

    Il ne s'agit évidemment pas non plus de laisser penser que les incitations à l'anorexie, telles que celles que l'on retrouve sur certains sites Internet, ou, plus généralement, l'environnement socio-culturel seraient les seules et uniques causes de l’anorexie, tant est complexe cette maladie psychique, dont le diagnostic n'est d'ailleurs pas récent, loin s’en faut. En revanche, le Parlement est pleinement dans son rôle lorsqu'il entend prévenir certaines dérives afin de mieux protéger la santé des plus vulnérables, mais aussi, au-delà du problème particulier de l'anorexie, lorsqu'il s'interroge sur l'ensemble des problèmes liés aux représentations du corps, et tout particulièrement de la femme, dans notre société.

    L'anorexie et la recherche d'une maigreur extrême sont en effet des problèmes majeurs en termes de santé publique car cette maladie est particulièrement grave et invalidante. Je rappelle que l'anorexie est un trouble du comportement qui se caractérise par un amaigrissement important, un rapport angoissé à l'alimentation, une obsession pour un surpoids supposé et une déformation de l'image corporelle. En France, de 30 000 à 40 000 personnes en seraient aujourd'hui atteintes, dont environ 90 % de femmes, essentiellement des jeunes filles. Les répercussions sanitaires de l'anorexie, à court ou à long terme, sont souvent très graves : ostéoporose, anémie, perte des capacités physiques et musculaires, voire détérioration des organes vitaux et problèmes cardiaques. Le taux de mortalité serait ainsi l'un des plus importants parmi les troubles psychiques : à l’échéance de dix ans, il atteindrait 5 % et avoisinerait 20 % à plus long terme.

    Dès lors, la valorisation excessive de la maigreur, voire de l’anorexie, qui tend à se développer depuis quelques années apparaît extrêmement préoccupante. L'anorexie est une affection psychique, dont l'analyse des causes, sans doute multiples, est particulièrement complexe. De manière générale, certains spécialistes suggèrent que le comportement alimentaire pourrait dépendre de facteurs individuels, en particulier psychologiques, qui agissent en étroite interaction avec des facteurs environnementaux et socio-culturels.

    Au-delà du problème particulier de l'anorexie, la représentation du corps dans notre société soulève de nombreuses questions. La pression sociale autour de l'image du corps féminin, véhiculée notamment par les médias, contribue au développement de pratiques alimentaires et corporelles abusives qui, selon certaines analyses, pourraient même favoriser chez certaines femmes vulnérables le début de conduites alimentaires pathologiques consécutives à l'instauration d'un régime.

 

    Par ailleurs, il est très préoccupant de voir se développer des incitations à une maigreur excessive de façon directe ou à travers différents médias, notamment les sites Internet « pro-anorexiques ». Les membres du mouvement « pro-ana » y font l'apologie ouverte de l'anorexie et diffusent des recommandations particulièrement inquiétantes, qui peuvent conduire certaines personnes vulnérables à adopter des comportements alimentaires dangereux. Dans les cas les plus extrêmes, des pratiques à la limite de la manipulation mentale ne sont pas sans évoquer certaines dérives sectaires.

Faut-il dès lors continuer d'observer, impuissants, le développement incontrôlé de telles pratiques, qui mettent en péril la santé, voire la vie, des plus vulnérables, le plus souvent des mineurs, et, par notre silence, consentir à l'idée que l'on puisse faire de ces corps décharnés des icônes ? La réponse est clairement « non ». C'est pourquoi il apparaît nécessaire de renforcer la lutte contre les incitations à la recherche d'une maigreur excessive ou à l'anorexie.

   À cette fin, le texte prévoit d'incriminer l'incitation à la recherche d'une maigreur excessive. Ainsi, « le fait de provoquer une personne à rechercher une maigreur excessive en encourageant des restrictions alimentaires prolongées ayant pour effet de l'exposer à un danger de mort ou de compromettre directement sa santé » sera puni d'une peine maximale de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende.
De plus, s'il apparaît que cette provocation a entraîné la mort de la personne concernée, les peines seront portées à trois ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende. L'échelle des peines apparaît ainsi cohérente et proportionnée à la gravité des actes commis, au regard notamment des peines prévues pour les délits de mise en danger d'autrui et de provocation au suicide.

    En outre, si le délit est commis par voie de presse écrite ou audiovisuelle, les modalités de détermination des personnes responsables obéiront aux mêmes règles que celles actuellement prévues en cas de provocation au suicide.

    Si la création d'une sanction pénale est un symbole fort, elle n'épuise évidemment pas l'ensemble des questions liées à la prévention et à la prise en charge de l'anorexie, et plus largement des problèmes posés par les représentations du corps dans notre société. La création de ce délit n'est pas une fin en soi, elle s'inscrit au contraire dans le cadre d'une politique globale visant à renforcer la protection de la santé des jeunes, en particulier des femmes.

Je vous livre maintenant le compte-rendu de mon intervention :

M. le président. La parole est à Mme Valérie Rosso-Debord.

 

Mme Valérie Rosso-Debord. Monsieur le président, madame la ministre, madame la rapporteure, mes chers collègues, à la fin du XIXsiècle, Pierre-Auguste Renoir, dans Les Grandes Baigneuses, peignait des corps de femmes nues bien en chair, car l’esthétique dominante du beau et le symbole de la féminité étaient à l’époque aux femmes rondes. (Sourires.)

Certes, notre société a évolué depuis. L’une des questions qu’aborde ce texte est de savoir si le standard de la beauté féminine est la maigreur et si, pour cela, il faut inciter les femmes à être maigres.


Pour certains, l’extrême maigreur renverrait à une image de perfection, perfection liée à la maîtrise de son corps par l’esprit.


Pour moi, cette conception du corps et de l’image de soi confine à la négation de la réalité de la femme, qui a des formes, et l’installe dans un caractère androgyne, asexué et morbide.


Qu’est-ce que la beauté ? Qu’est-ce que tout le monde trouve beau ? Si l’on nous demandait ce qu’il trouve beau chez une femme ou chez un homme, chacun de nous aurait – du moins je l’espère – une réponse différente, et c’est bien normal. C’est l’un des charmes de l’humanité.


Aujourd’hui, je tiens à saluer le travail de notre collègue Valérie Boyer, qui a su trouver les mots justes pour proposer de combattre l’incitation doctrinaire à l’anorexie et travailler avec vous, madame la ministre, pour que cette avancée soit soutenue par le Gouvernement.


De votre côté, madame la ministre, vous avez engagé un travail efficace, même si d’aucuns le trouvent insuffisant, sur la « charte d’engagement volontaire sur l’image du corps », avec les professionnels de la mode, pour les rendre à la fois responsables et conscients de leur impact sur les jeunes, via le mannequinat.


En effet, personne, aujourd’hui, n’est habilité à définir les canons de la beauté. Sous prétexte d’ériger des standards médiatisés, on pousse des jeunes filles ou des jeunes garçons – on a rappelé ce matin que 10 % des anorexiques sont de jeunes hommes – à s’installer progressivement dans la maladie. Car du simple régime, on peut, progressivement, basculer vers un dérèglement psychique qui met en danger la vie d’une personne.


Répondre efficacement à ces incitations était devenu un devoir pour notre société. D’autant que ceux qui incitent à l’anorexie, via ce mouvement « pro-Ana » dont on fait malheureusement trop la publicité, se servent insidieusement de l’action des pouvoirs publics en faveur de la promotion de la nutrition et du bien-être par le sport chez les étudiants pour justifier leur discours et leur propagande.


Il nous faut également, bien sûr, être plus à l’écoute des questions des adolescents, à cet âge propice aux doutes et donc aux influences les plus néfastes. C’est dans cet esprit que j'ai proposé la mise en place à Nancy d'une maison des adolescents, guichet unique d'accueil et d'orientation qui s’inscrit, comme vous le souhaitez, madame la ministre, dans l’effort de détection le plus en amont possible de ce type de pathologie.

Madame la rapporteure, je vous félicite pour votre travail. Je vois dans cette coproduction législative avec le Gouvernement une avancée qui souligne que, pour notre majorité, toutes les questions doivent être abordées sans tabou. Cette initiative, en portant un coup d’arrêt aux incitations à l’anorexie, apportera une réponse concrète au drame que vivent quotidiennement plus de 40 000 familles dans notre pays. Elle participe de notre devoir de protection du bien-être collectif. (Applaudissements sur les bancs du groupe de l’Union pour un mouvement populaire.)

 

par Valérie ROSSO-DEBORD publié dans : Humeurs
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Lundi 14 avril 2008

    Ces dernières semaines ont été très riches, hélas, en méconnaissance des droit de l’homme sur le territoire chinois. Effectivement, les Jeux Olympiques qui s’y dérouleront prochainement n’ont pas manqué de révéler aux yeux du monde, la politique du gouvernement chinois menée contre le peuple tibétain qui, à ma connaissance, ne demande que la reconnaissance et pas l’indépendance.

  
    Ce conflit n’est pas récent, depuis de longues années le pouvoir communiste chinois n’a eu de cesse de combattre la particularité spirituelle et religieuse tibétaine par crainte qu’elle ne remette en cause l’unité et l’universalité du peuple chinois.

    Notre Constitution, dans son article 72-3 reconnait « au sein du peuple français, les populations d’outre-mer, dans un idéal commun de liberté, d’égalité et de fraternité » car la France considère qu’être français ne gomme pas toute particularité qu'elle soit culturelle, religieuse, régionales… La particularité de certaines populations n’est pas incompatible avec l’appartenance à un même peuple. C’est la conception retenue par le constituant français, il en va différemment en Chine.

    Chaque Etat est libre de déterminer le contenu de son ordre juridique et son régime politique. Il ne peut y avoir ingérence de la part des autres Etats quant aux choix retenus. Néanmoins suite à la prise de conscience, au XXème siècle, de protéger les droits de l’Homme, des mécanismes relevant du droit international ont vu le jour. Le problème tibétain relève donc pour moi du droit international.  C’est une situation très complexe et seul l’ONU est juridiquement et légitiment habilitée à intervenir car les États individuellement ne sont pas habilités pour intervenir dans les « affaires internes » d’une Nation selon les principes fondateurs de ce droit international qui continue de se chercher.

    A priori les Jeux Olympiques sont une manifestation paisible, on parle d’une trêve durant les Jeux. Ainsi, ils représentent un affrontement pacifique entre Etat. Affrontement fondé exclusivement sur les performances sportives. C’est l’occasion de resserrer ou de créer des liens entres les peuples réunis autour d’un seul et même objet, le sport et uniquement le sport. C’est dans cet esprit qu’ils ne doivent pas être une manifestation politique ; encore moins représenter l’illusion d’être un éventuel pouvoir coercitif.

    C’est pourquoi, les J.O. ne vont pas servir de bouc émissaire. En revanche ces jeux sont l’occasion de manifester pacifiquement le désaccord quant à la politique chinoise en la matière. C’est ce que font nos sportifs en arborant un badge rappelant que les droits de l’hommes sont des droits fondamentaux devant être respectés de façon absolue. Certains pensent que ce badge est purement symbolique. Cependant tenter d’éteindre la flamme olympique et conspuer les sportifs français apporte t’elle davantage une solution ? Pensez-vous que la focalisation sur la seule présence ou absence lors de la cérémonie d’ouverture changera quelque chose d’autant que tous les pays continuent de passer de nombreux contrats commerciaux avec la Chine ? Certes c’est symbolique mais je ne pense pas que cela ferrait évoluer le gouvernement chinois, bien au contraire, cela pourrait produire l’effet inverse, inciter la Chine à affirmer sa souveraineté nationale et accentuer la répression, démontrant ainsi « qu’elle fait ce qu’elle veut » sur son territoire.

    De plus, pourquoi aucune manifestation n’a eu lieu lors de l’annonce de la candidature de la Chine comme pays organisateur des J.O. ? Le meilleur moyen de montrer le désaccord quant à la politique pratiquée par ce pays en matière de droit de l’homme aurait été de ne pas le choisir, d’autant que la Chine en la matière n’est pas un modèle de respect de ces droits tant envers la population tibétaine que chinoise. On a voulu inciter à l’époque la Chine à s’ouvrir, ce fut un succès (pour la Chine) sur le plan économique, nettement moins sur le plan politique et militaire.

    Il ne peut y avoir de demie-protection en matière de droit de l’homme pas plus qu’il ne peut y avoir de demie-dénonciation de leur violation. Aujourd’hui, je pense que les J.O. ne sont pas forcément le bon levier d’action et que c’est à l’O.N.U que nous devons avancer comme sur l’Iran, la piraterie maritime internationale ou les otages des FARC.

par Valérie ROSSO-DEBORD publié dans : Humeurs
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Samedi 12 avril 2008

    Mercredi lors de la séance de questions au Gouvernement, je suis intervenue sur une question importante pour toutes les entreprises : les délais de paiement. Voici l'extrait du journal officiel qui en relate le compte-rendu :

   M. le président. La parole est à Mme Valérie Rosso-Debord, pour le groupe de l’Union pour un mouvement populaire.


   Mme Valérie Rosso-Debord.
Ma question, à laquelle j'associe Lionel Tardy, s'adresse à M. le secrétaire d'État au commerce, à l'artisanat et aux PME.

    Les délais de paiement des entreprises à leurs fournisseurs ne sont pas réglementés en France, à l'exception des produits périssables et des prestations de transports. Malgré les efforts entrepris pour encadrer la liberté contractuelle, notamment par une obligation d'information, l'Observatoire des délais de paiement constate que ces délais restent en France de 67 jours, soit 10 jours de plus que la moyenne européenne.

    Or le raccourcissement de ces délais constitue un élément clé de la chaîne de financement des PME. Suite au rapport de notre collègue Martial Saddier, vous avez décidé de recourir à la voie législative, ce qui est devenu indispensable pour avancer efficacement sur ce dossier essentiel pour la compétitivité et donc pour l'emploi.

    Monsieur le secrétaire d’État, pour encourager la négociation collective et une solution contractuelle adaptée à chaque filière, vous aller proposer de fixer, dans un premier temps, la limite maximale de paiement à 60 jours. Quelle sera le cadre que souhaite donner le Gouvernement à la rédaction de ces « codes de bonnes pratiques » pour améliorer les conditions de règlement mais aussi veiller à la mise en place d'un mode de résolution amiable des litiges ? Quelles exceptions à ce délai de 60 jours vous sembleraient fondées ? De plus, quel est le délai qui sera fixé pour cette négociation avant une éventuelle nouvelle intervention législative ?

    Enfin, ces mesures concerneront-elles aussi les collectivités locales et le secteur public, qui, au travers de la commande publique, sont des clients importants de nombreuses PME et qui doivent, à mon sens, faire preuve d'exemplarité ? (Applaudissements sur les bancs du groupe de l’Union pour un mouvement populaire.)

    M. le président.
La parole est à M. Hervé Novelli, secrétaire d'État chargé du commerce, de l’artisanat, des petites et moyennes entreprises, du tourisme et des services.

     M. Hervé Novelli, secrétaire d'État chargé du commerce, de l’artisanat, des petites et moyennes entreprises, du tourisme et des services. Madame la députée Rosso-Debord, votre constat sur les délais de paiements est parfaitement exact. La France n’est pas bien placée dans ce domaine. Nos délais de paiement sont de 67 jours, ce qui les place au-dessus de la moyenne européenne qui s’établit à 57 jours – 47 jours pour les Allemands et 53 pour les Anglais. Bref, il fallait agir, car cette longueur dans les délais pèse sur la trésorerie des entreprises, et tout particulièrement des petites et moyennes entreprises.

    Sous l’autorité et à la demande du Président de la République, nous,allons, avec le chef du Gouvernement et Christine Lagarde, introduire dans la loi de modernisation de l’économie un article portant, comme vous l’avez relevé, le délai maximal de paiement à 60 jours ou 45 jours fin de mois. L’application de cette mesure requerra naturellement toute notre attention.

    Nous ne négligeons pas pour autant la voie contractuelle. Parallèlement à cette disposition législative, nous avons entamé des consultations avec Yvon Jacob, afin d’aboutir à des accords contractuels permettant de descendre en deçà de ces 60 jours. Les conclusions de ces consultations devraient nous être rendues en septembre.
   
    Il existe par ailleurs des secteurs spécifiques où les délais de paiement obéissent à des cycles de rotation de stocks – c’est le cas notamment dans le secteur automobile ou dans celui du bricolage. Nous pourrions ici envisager des dérogations temporaires pour atteindre progressivement le délai légal des 60 jours.

    Mieux encore (« Ah ! » sur les bancs du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche) : l’État ne peut s’exonérer de ce qu’il demande au secteur privé et il doit montrer l’exemple en matière de délais de paiement. Un décret sera donc prochainement publié, qui portera de 45 à 30 jours le délai de maximal de paiement de l’État. En outre, le paiement d’intérêts majorés deviendra automatique et le fournisseur ne sera plus obligé d’en faire la demande. Nous voulons également, si elles en sont d’accord, étendre ces modalités aux collectivités locales.

    Comme vous le voyez, nous agissons, et je suis convaincu que notre majorité nous soutiendra, car c’est la trésorerie des petites et moyennes entreprises qui est en jeu.
(Applaudissements sur les bancs du groupe de l’Union pour un mouvement populaire.)
par Valérie ROSSO-DEBORD publié dans : Politique
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Jeudi 10 avril 2008

 

    Hier après-midi s'est achevé l'examen en première lecture du projet de loi relatif aux organismes génétiquement modifiés. Vous le savez, j'ai espéré que ce débat soit moins passionné, cela n'a pas toujours été le cas, et plus passionnant et là, la qualité des échanges, leur précision et le temps pris pour examiner avec attention tous les amendements ont été pour moi une satisfaction même si je ne peux me résigner à l'obscurantisme de certains.

   

Ce texte était indispensable car notre pays se trouvait en infraction avec le droit européen. En effet Dominique VOYNET avait signé cette directive alors qu'elle était ministre du Gouvernement JOSPIN et il est dans la tradition républicaine de respecter la parole de l'État mais aussi de profiter des marges de manœuvres du texte pour mettre fin à des années de non-dits et de laisser-faire anxiogène. Aujourd'hui, je regrette que ses amis Noël MAMERE ou Yves COCHET souhaitent, par leur posture, nous empêcher de travailler sereinement et sincèrement.


    Ce texte n'est ni pro ni anti OGM, il a pour but de poser un cadre précis résultat d'un débat démocratique et sans a priori, de fixer des règles claires, transparentes et équilibrées. Ainsi, ce texte garantit de pouvoir manger des produits sans OGM sans pénaliser la recherche appliquée. D'ailleurs, sur le maïs transgénique, cette question n'a pas été examinée puisque le Gouvernement avait déjà activé auprès de l'Union Européenne la clause de sauvegarde.

 

    Voter contre aurait été à mon sens choisir sciemment de rester dans l'opacité la plus totale et refuser toute forme de contrôle démocratique. Ce qui m'a convaincue aujourd'hui, c'est que la France se dote d'un dispositif parmi les plus protecteurs du monde.

 

    Tout d'abord, le texte garantit « La liberté de consommer et de produire avec ou sans organisme génétiquement modifié, sans que cela nuise à l’intégrité de l’environnement et à la spécificité des cultures traditionnelles et de qualité, est garantie dans le respect des principes de précaution, de prévention, d’information, de participation et de responsabilité ». Cela permet de protéger les parcs régionaux ou les AOC et cela permet de couvrir les risques entre les filières.


    Ensuite, le texte crée un « Haut Conseil des Biotechnologies » associant toutes les parties prenantes qui renforce notre capacité d'expertise objective pour que le pouvoir politique dispose d'avis pertinents et que chacun d'entre nous comprennent mieux les enjeux de ces questions. Ce conseil pourra être saisi par n'importe quel citoyen par l'intermédiaire d'un parlementaire ou par des associations de consommateurs ou par des associations environnementales.


    De plus, le texte améliore la transparence et la protection des agriculteurs car les élus et les citoyens seront demain au courant à la parcelle près et y compris par la mise en ligne sur internet des cartes. En contrepartie, le délit de fauchage est réglementé et ainsi la coexistence sera organisée en toute clarté avec des distances précises.


    Enfin, le projet comporte un chapitre entièrement consacré à la recherche et au développement qui confirme l'engagement du gouvernement envers les biotechnologies dans un cadre précis. Si hier, l'insuline a été un progrès, gardons nous de ne pas trouver d'autres avancées même si je suis tout à fait d'accord pour que des règles éthiques fortes existent.


    C'est donc un texte équilibré, qui a tenu compte des propositions d'amendements tant de la majorité que de l'opposition et c'est le rôle du législateur !

 

 

 

par Valérie ROSSO-DEBORD publié dans : Politique
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Dimanche 6 avril 2008

 

    Je condamne la dégradation de stèles du carré musulman de la nécropole nationale de Notre Dame de Lorette, à Ablain-Saint-Nazaire, dans le Pas-de-Calais, où 148 tombes ont été dégradées la nuit dernière, avec des inscriptions insultant l'islam et visant également la garde des Sceaux.

    Cet acte est insultant pour la mémoire des combattants de la 1ère guerre mondiale qui, toutes religions confondues, ont servi la France dans un moment difficile de son histoire et notamment pour les 30.000 soldats tués lors de la Première Guerre mondiale sur les champs de bataille de l'Artois qui reposent dans ce cimetière.

    Aujourd’hui et alors que des individus veulent remettre en cause l’unité nationale, que ce soit par des banderoles dans des stades ou par ces actes odieux, nous devons rester soudés autour de nos valeurs.

    Notre société doit pouvoir continuer à soutenir ses "chapelles", par exemple l'ASNL contre le PSG ce soir, à Marcel Picot ou la croyance dans ses convictions religieuses, mais doit faire respecter ce qui est au dessus de cela et nous rassemble : la tolérance et l'unité.

    Alors soyons fiers de notre histoire commune, soyons ambitieux pour notre Nation et j'espère que nous éradiquerons ces actes
inqualifiables.

par Valérie ROSSO-DEBORD publié dans : Humeurs
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Mercredi 2 avril 2008

    Tant attendu, le débat sur le projet de loi relatif aux organismes génétiquement modifiés a débuté hier à l’Assemblée Nationale dans un climat passionné. A l’issue des 2 premières séances, nous nous sommes quittés à 2 h 10 du matin sans que les questions préalables de procédures ne soient achevées.

   

       Je pense que pour que ce débat soit plus passionnant il devrait être un peu dépassionné. Aujourd’hui, il existe une focalisation sur la seule culture du maïs transgénique en plein champ. Bien évidemment, ce sujet ne doit pas être éludé mais il ne saurait à lui seul masquer tous les enjeux des OGM. Parce qu’avec nombre de mes collègues nous souhaitons réfléchir sans a priori ni pression économiques ou idéologiques, nous avons souhaité apporter une pierre à un débat que nous souhaiter tourné vers le progrès humain et la réussite collective.

 

« Éléments de la tribune co-signée notamment par Valérie Rosso-Debord, Bernard Debré, Louis Giscard d'Estaing, Marc Laffineur, Pierre Lequiller, Pierre Méhaignerie, Patrick Ollier, Henri Plagnol, ou Jean-Pierre Soisson et parue dans « le Figaro » daté du 1er avril 2008.

 

La prochaine discussion à l’Assemblée nationale du projet de loi sur les organismes génétiquement modifiés intervient dans un contexte particulièrement sensible, qui nous invite à rappeler quelques évidences sur les OGM et la portée de leurs enjeux

 

L’interdiction de la culture du MON 810 a entraîné une focalisation excessive sur cette seule plante génétiquement modifiée. L’opinion, en France, se montre plus réticente qu’ailleurs. Les scientifiques sont peu écoutés ou suspectés de partialité. Les opposants entretiennent savamment les peurs les plus irrationnelles dans l’esprit de nos concitoyens.

 

Or, lorsque nous parlons d’OGM, lorsque nous nous prononçons rapidement « pour » ou « contre » cette innovation, savons-nous toujours de quoi nous parlons ? Connaissons-nous la multiplicité des applications qui se cachent derrière ce terme générique ? En agriculture bien sûr, mais aussi en industrie, en recherche fondamentale, et surtout en médecine !

 

Les OGM sont un compartiment des sciences du vivant. Ils permettent, depuis longtemps, dans le domaine de la santé, de produire de l’insuline pour les diabétiques. Ils sont d’ores et déjà à l’origine d’1 médicament sur 6 et offrent, pour demain, l’espoir de fabriquer de nouveaux vaccins, de pouvoir soigner des maladies incurables ou orphelines.

 

Dans le domaine agricole, les biotechnologies végétales sont une technique de sélection et d’amélioration des plantes à l’instar de celles qui existent depuis des millénaires – que ce soit la greffe ou l’hybridation – mais plus rapide, plus efficace et plus précise.

 

Dans le domaine industriel enfin, moins connu, les plantes génétiquement modifiées (PGM) ouvrent la perspective de fabriquer des matières plastiques biodégradables ou de la pâte à papier moins polluante.

 

Si des précautions s’imposent (…) peut-on accepter que les OGM soient systématiquement diabolisés, que leurs bénéfices potentiels soient occultés, que des a priori soient assénés à nos concitoyens sans aucune démonstration scientifique ?

 

Peut-on admettre que la parole des scientifiques ne soit pas respectée et que ceux qui tentent de les défendre soient immédiatement accusés au mieux de scientisme, au pire de corruption ?

 

Entre 1993 et 2000, plus de 31 000 études scientifiques ont été publiées sur le sujet. Les plantes génétiquement modifiées sont aujourd’hui les végétaux les plus surveillés, les plus contrôlés qui soient.

 

Il faut donc dénoncer les contre-vérités qui entretiennent la confusion dans l’esprit de nos concitoyens.

 

Il faut exiger de ceux qui accusent la même rigueur dans la démonstration que celle que s’imposent les scientifiques.

 

Il faut expliquer que les fauchages de champs OGM ruinent des années entières d’effort de recherches, mettent en péril notre capacité d’innovation et font le jeu des entreprises étrangères.

 

Car s’il n’est pas admissible qu’une firme multinationale détienne plus de 70% des brevets de semences OGM, il n’est pas plus tolérable qu’une minorité empêche la recherche française de mener à terme ses essais au champ, de développer ses propres brevets, menaçant ainsi notre indépendance agricole et alimentaire.

 

Ne nous y trompons pas : cette frilosité a un prix. C’est l’avenir de la recherche française dans les sciences du vivant qui est en cause, c’est notre capacité d’innovation dans le domaine médical, mais aussi la compétitivité de notre secteur industriel et agricole qui sont menacées.

 

Dans quelques jours, le projet de loi viendra définir un cadre pour la culture des OGM dans notre pays et posera comme principe « le droit de produire et de consommer avec ou sans OGM ». Il sera, nous l’espérons, l’occasion d’aboutir à une loi d’équilibre, une loi de liberté et de responsabilité, une loi qui reconnaisse les enjeux des biotechnologies végétales pour l’avenir de notre pays. »

par Valérie ROSSO-DEBORD publié dans : Humeurs
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